Le samedi 15 octobre 2011 aux environs de 17 heures


L’autre nuit, je te disais dans des mots sans bruit, en toute confidentialité dans l’attente du sommeil, tout ce que je pensais de ton accouchement, et de comment je n’ai pas su te protéger. Comment j’étais à la merci des médecins tout autant que toi et comment je me rends compte encore plus aujourd’hui qu’hier de la violence de leurs gestes, de leurs négligences. J’ajouterais aussi, avec tout ce que la vie m’a appris ces 14 dernières années, que j’y vois désormais de la violence homophobe, que peut-être, peut-être, mais je ne le saurai jamais, si j’avais été un homme à tes côtés, ils n’auraient pas osé, pas osé t’enfoncer le coude dans l’abdomen, n’auraient pas serré tes points si fort que tu en as été torturée, comme punie d’avoir voulu braver la nature, pendant des années. Ce que je sais aujourd’hui des violences obstétriques, et des discriminations silencieuses, des abus de faiblesse, de l’autorité médicale, me laisse envisager un tel scénario. Je n’ai pas su te protéger à ce moment-là, je ne savais pas ce qui se faisait, ce dont tu avais vraiment besoin, comment aurait pu ou dû se dérouler un accouchement. Je ne peux pas remonter le temps. Je peux seulement t’adresser aujourd’hui ces quelques regrets. Si j’avais su, je l’aurais fait.

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